Les raisons de la procrastination

Publié initialement à : https://korben.info/les-raisons-de-la-procrastination.html

On se représente souvent la procrastination comme une forme de glandouille. Dans la société actuelle, celui qui procrastine, c’est-à-dire celui qui fait autre chose que la tâche principale qu’on lui a donné, est assimilé à un paresseux ou un branleur. D’ailleurs, heureux sont ceux qui s’exécutent jour après jour sans procrastiner, sans rechigner devant leurs…

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Merci Korben pour ce message qui me fait un bien fou, je suis en plein dans ce phénomène depuis des mois et des mois et j’ai beaucoup de mal à comprendre les raisons qui me poussent dans cet état qui nuit énormément à mon bien être et à celui de mes proches, je vais relire plusieurs fois ton article pour essayer d’y trouver des clés qui me correspondent et je l’espère réussir à y remédier.

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Voir également l’excellent Ted Talk : inside the mind of a master procrastinator

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Je suis dedans à 100%…
Risque d’échouer, perte de sens, …
envie de faire autre chose, mais sans savoir quoi…

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Après avoir fait mon auto critique, je dois bien me rendre à l’évidence que ma tendance à glander un maximum est bien du à un gros problème de flemme…

Par contre, je me suis aussi rendu compte que diviser mon travail en une multitude de petites taches insignifiantes me donne une certaine motivation à les accomplir.

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Cet article était bien plus intéressant que mon taf.
Je pense que je vais approfondir mes recherches sur le phénomène de procrastination avant de me remettre au boulot.

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Superbe article ! Je n’ai pas procrastiné pour le lire et l’ai lu en une seule fois :smile:
C’est une très bonne analyse. J’aime me rappeler que tout est une question d’investissement (pas d’argent, hein ^^).
Comme tu le dis, si nous avons tendance à procrastiner sur certains dossiers, pro ou perso, c’est qu’il y a une raison. Peut-être une crainte, du stress, une impression de tâches répétitives et/ou inutiles…
Souvent, quand quelque chose nous passionne, on peut y passer des heures. Tout simplement parce que on se dit que c’est important pour nous de comprendre, de faire cette chose. On s’investit donc naturellement, sans être forcé.
Je pense comme toi, qu’il est utile de devenir conscient de ce genre de chose inconsciente :wink:
Ça peut permettre de prendre du recul sur ce qui nous anime ou nous fait stagné.
Merci à toi pour cette reflexion :wink:

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De loin le meilleur article que j’ai pu lire de ta part. Je me suis créé un compte juste pour te remercier pour cette analyse.
Merci donc.

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Salut Korben !

Beau papier, qui semble cacher une crise existentielle plus profonde…

je crois néanmoins qu’un aspect plus positif de la procrastination t’a échappé. Je suis souvent amené à réaliser des tâches complexes, qu’elles soient programmatrices ou rédactionnelles. Or j’ai réalisé, depuis assez longtemps maintenant, que je traverse souvent des phases de procrastination avant, ou pendant l’exécution de ces tâches (après, ce serait bizarre…), qui par ailleurs me passionnent. Cela peut durer un ou deux jours, rarement plus. Et j’ai compris que cette latence était le temps nécessaire à mon esprit pour organiser ou réorganiser sa stratégie, faire les liaisons et les rapprochements nécessaires, et au final effectuer une bonne part du boulot « à mon insu ».

Qui n’est pas un soir tombé d’épuisement devant un algorithme à écrire, un papier à rédiger, pour se rendre compte en s’y remettant le lendemain que la solution tombait miraculeusement - et facilement - en place ? La procrastination joue un peu le même rôle qu’une bonne nuit de sommeil : un temps laissé à notre psychisme pour travailler, à notre insu, à la résolution d’un problème dont le seul acharnement stakhanoviste ne viendra pas à bout.

Évidemment, si personne (quoique…) ne songera à vous dénier le droit à une nuit de sommeil, paraître glandouiller un jour ou deux est socialement beaucoup plus mal accepté, en particulier dans le monde de l’entreprise et son découpage mécanique, artificiel, du temps. J’ai eu à plusieurs reprises la chance d’être suffisamment maître de mon temps dans mon cadre professionnel pour pouvoir m’y livrer sans remords (disons, sans remords excessifs), reconnaissant en elle, non un signal d’alarme sur l’inanité du monde - point de vue qui se défend parfaitement par ailleurs -, mais une précieuse petite alliée qui me susurrait mentalement: «T’en fais pas. Je suis là. Je bosse. Aie confiance, laisser filer. L’angoisse et la culpabilité n’apporteront rien.»

Et de fait, plus le travail à exécuter comprend une dimension créative, plus ce mécanisme est opératoire.

Évidemment, pour la vaisselle c’est une autre paire de manches.

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Bonjour Korben et bravo pour ton analyse de ton article.
Je me permet juste de rajouter que le sujet se rapproche du « Bore Out » qui a des points communs avec ceux que tu as énoncé. Je voulais juste rajouter que ce système physiologique ou psychique vient aussi du fait que nous n’avons - ou tout du moins qu’on nous fait croire- pas le temps d’executer telles ou telles choses. Le temps est un paramètre très difficile à maitriser et il faut une certaine poigne pour dire ( et se dire) qu’il faut tant de temps pour exécuter nos tâches. De plus , nous avons fabriqué ( ou plutôt , on a fabriqué pour nous) une société dans laquelle nous ne sommes pas épanouis et dans laquelle nous ne sommes pas forcément heureux. C’est à chacun de trouver son mode vie qui lui convient . Pourquoi une journée de travail doit elle faire 8 heures ? Pourquoi une journée doit commencer à 9H et finir à 19H? Pourquoi des gens culpabilisent lorsqu’ils prennent des vacances ? On a lissé notre mode de production alors qu’un être humain est tout sauf un robot qui doit accomplir des tâches comme ce dernier.
Pour en revenir a ton sujet , je pense que la procrastination est la soupape de sécurité à ton cerveau pour se laisser aller, avant de revenir à faire quelque chose pour quoi il n’est pas fait …
Bonne journée à tous et encore bravo pour ce joli article.
PS: C’est le week end ! Et j’attends ton sujet sur les FPS en ligne ce vendredi !

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@Lowang soulève le problème, Boreout, Burnout, autres mots (tellement nombreux) de notre société; je pense en fait, sans savoir l’énoncer clairement (et même en pas clair, non plus) que la principale raison de la procrastination n’est pas un « choix inconscient » ou plutôt quelque chose que l’on s’inflige, mais est directement liée à notre environnement social et culturel. On peut en discuter, mais j’avoue que j’ai pas trop les mots, juste une intuition impérieuse.

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Travaillant en tant que développeur en remote j’ai une expérience très similaire. Cela m’a pris beaucoup de temps avant d’accepter cette période où l’on pense perdre du temps, où on culpabilise. J’avais l’habitude de travail dans les Open Space, c’est dur a oublier. Maintenant je vais juste faire autre chose et je reviens quand je suis prêt. Je ne me force même pas, au bout d’un moment je ressent vraiment le besoin de m’atteler au travail. C’est vrai ça peut prendre 2 jours, parfois moins, parfois même plus. Mais c’est du temps de travail, on est juste pas assis devant si ouvrage. Pour le vaisselle oui, c’est pas pareil…

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C’est marrant mais je le pousse pas du tout aussi loin mon concept de procrastination, et j’ai l’impression que ton analyse s’applique plutôt dans le milieu high tech, de dev, de freelance ou de cadre, des boulots avec des grosses dead line.
Perso quand je procrastine, bah déjà je culpabilise pas du tout, ou plus général c’est simplement sur des tâches que je n’aime pas faire, car elles m’ennuient, faire le ménage chez moi xD, ou dans le cadre du boulot mettre à jour le bios d’un parc de 200 machines. Et je n’éprouve aucune honte a procrastiner dessus

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Je salue le bon sens de l’article de Korben sur le sujet, et vous encourage à à vous intéresser au travail de Carlos Tinoco sur ce qu’est l’intelligence (humaine), la vidéo suivante en est une porte d’entrée : Douance, dilettantisme et papillonnage : www.youtube.com/watch?v=qZIlsTJ8Lxk

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Cette vieille procrastination, toutes ces années de vie commune…
Je l’ai tant détestée, mais toujours tellement désirée.

Elle m’a si souvent bafoué,
et pourtant - immanquablement,
Je suis toujours retombé à ses pieds.

Comme un plan cul malsain,
Comme un esclave, un pantin.
Comme une chose de bois qui rêverait,
Fol espoir - D’un jour se mouvoir,
Et se sentir enfin a(n)imé.

Mais le souffle vital ne vint jamais.
Enfin, pas comme ça.

Parce qu’en fait ce souffle,
Ce putain de souffle que je recherchais comme un damné,
Il était là, depuis tout ce temps.

Tapi en moi, ignoré, mais pas caché.
Là, juste là, tous les ports ouverts comme un réseau chez SFR.
(NDLR: les mecs, c’est pour la rime, j’veux pas d’emmerdes ok)
Open bar, pas de password, pas de crypto, nada.

Je l’ai cherché, toutes ces années, ce souffle.
Je l’ai cherché, et en un sens, je ne l’ai jamais trouvé.
C’est lui qui est venu à moi, précisément - exactement,
Quand j’ai arrêté de le chercher.

Quand je l’ai juste : appelé.
Quand j’ai appris à regarder,
A tourner la caméra vers moi, en moi,
Avec ce regard bienveillant.
Et surtout : sans - aucune - attente.

Y’a pas à s’inventer une vie, y’a à la vivre.
Pas de reboot, pas d’hibernation,
Tu prends c’que t’as sous la main,
C’est ça l’esprit du hack.

Cherche pas la performance,
Cherche pas si t’as les droits.
Ta vie, c’est pas une performance,
C’est ton homelab à toi.

Toi, ton obligation, ta seule putain d’obligation,
C’est ton deal avec toi-même,
Et avec ceux que tu aimes.

C’est de chercher le plaisir qui te fait sens,
Et ce que tu trouves beau, vraiment beau,
En toi-même.
Beau, ou rigolo, un truc vrai en tout cas.

First make it run :
print("hello world"),
Et t’es parti.

Alors cherche pas le meilleur,
Fais juste avec ce que t’as,
Là, maintenant, sous la main.

Et hacke ta vie, fais-en TA vie.
C’est moche ? T’en fous,
T’ajouteras des extensions
Et tu géreras le WAF plus tard.

Parce tu sais quoi :
La vie, c’est un peu comme les legos.
C’est pas de posséder qui est bon.
C’est de construire.

^D

Cher @Korben,
Cette bafouille n’est pas à vrai dire une rigoureuse réponse,
Je le concède aisément.

Ceci, c’est mon humble hommage à toi,
A l’homme derrière ces lignes,
Que je lis depuis si longtemps maintenant,
Et que je prends toujours plaisir à découvrir.

Ta sincérité démontre un beau courage,
Et en ce sens elle t’honore.

Juste ce p’tit bout de truc qui rend la Vie tellement plus vraie !

Que le hack te soit toujours beau.

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Clap clap clap
Merci pour ce bel hommage. Et bravo pour toutes ces rimes, j’ai adoré !! :heart_eyes_cat:

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Quel faillot ce @bpak … Nan, je déconne ! Bravo à lui pour ce pavé ! On peut dire qu’il ne souffre pas de procrastination là :+1::+1::+1:

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